échanges extérieurs

La pratique des échanges internationaux

I. INTRODUCTION

La progression du commerce international depuis cinquante ans a été grandement facilitée par le principe du libre-échange (I) ainsi que par le développement des accords régionaux (III). Les Etats conservent cependant des réflexes protectionnistes plus ou moins importants selon les économies (II). En raison de la densité du chapitre, la régionalisation des échanges sera abordée dans la fiche suivante.

II. LE LIBRE-ECHANGE

1. Définition et fondement

Ce principe est fondé sur la liberté des échanges afin d’optimiser l’utilisation des ressources de chaque Etat et d’augmenter ainsi les richesses de chacun. A cette fin, le libre-échangerepose sur  l’interdiction de toutes entraves au commerce :

  • Prohibition des barrières tarifaires comme les droits de douanes ;
  • Prohibition des barrières non tarifaires comme les contingentements, c’est-à-dire les quotas, et les normes.

2. Avantages du libre-échange

En optimisant l’utilisation des ressources, le libre-échange fait progresser la croissance : c’est un accélérateur économique. Le libre échange crée un cercle vertueux car il permet :

  • La baisse des coûts de production
  • La stimulation de l’innovation grâce à la concurrence et l’ouverture des économies.
  • L’amélioration du pouvoir d’achat des ménages.
  • La création d’emplois et la hausse des salaires.

3. Inconvénients du libre-échange

Si le libre-échange a un intérêt certain pour le développement du commerce international et la stimulation de la croissance, il n’est pas sans inconvénients :

  • Il peut entraîner la dépendance des économies nationales du fait de la spécialisation.[…]
  • Il peut être faussé par l’inégalité des situations entre pays […]

III. LE PROTECTIONNISME

1. Définition et fondement

Le protectionnisme consiste pour un Etat à adopter des mesures dont l’objet est de protéger le marché national face aux importations.

  • Dans les pays développés, le protectionnisme est souvent défensif. Il a pour but de :

– soutenir des industries vieillissantes

– défendre des secteurs clés et/ou des emplois concurrencés par des économies où la main d’œuvre a un coût bien inférieur

  • Dans les pays en développement, le protectionnisme est souvent éducateur. Il a pour objet la protection des industries nouvelles qui sont fragiles face à des industries étrangères concurrentes plus compétitives

2. Mesures

Les mesures protectionnistes consistent à mettre en place des entraves qui empêchent ou restreignent les importations et protègent ainsi le marché intérieur. Le protectionnisme est protéiforme.

[…]

3. Les mesures protectionnistes classiques

Un Etat va ici mettre en place des mesures dont l’objet est d’interdire ou de limiter les importations directement. Ces barrières peuvent être tarifaires ou non tarifaires :

  • Les barrières tarifaires sont les droits de douanes. […]
  • Les barrières non tarifaires sont les quotas […]

4. Les mesures protectionnistes déguisées

Les barrières protectionnistes traditionnelles sont de plus en plus encadrées voir interdites du fait de la libéralisation des échanges. Les Etats adoptent alors des mesures diverses qui, si elles ne sont pas officiellement protectionnistes, ont, dans les faits, pour objectif de protéger le marché intérieur.

  • Les normes sanitaires ou environnementales […]
  • Les subventions à la production ou à l’exportation […]

5. Avantages du protectionnisme

Le protectionnisme permet à un Etat :

  • De conserver son indépendance économique […]
  • De protéger son marché intérieur […]
  • De protéger des secteurs clés […]
  • De réduire son empreinte écologique […]
  • De limiter les risques sanitaires et de sécurité. […]

6. Inconvénients du protectionnisme

Les limites au protectionnisme ne sont pas négligeables :

  • Un Etat qui limite ses importations s’expose à des mesures de rétorsion. […]
  • Les subventions sont souvent un mécanisme artificiel qui masque les difficultés et les problèmes de compétitivité d’un secteur et crée un déséquilibre avec les entreprises non subventionnées.

VI. LA REGIONALISATION DES ECHANGES 

1. Définition

Si le commerce international a progressé, on observe que celui-ci se développe plus vite dans des zones géographiques déterminées. Plus les pays sont proches physiquement, plus ils échangent entre eux. Afin de faciliter ces échanges et de protéger un marché géographiquement défini et privilégié, certains pays ont conclu différents types d’accords régionaux qui vont permettre une intégration économique plus ou moins poussée.

2. Une intégration économique variable en fonction des types d’accord

L’économiste Balassa propose une typologie des zones économiques en fonction de leur degré d’intégration. […]

Cette typologie n’est pas que théorique : en effet, des accords régionaux différents ont été conclus en fonction de la volonté d’intégration des Etats membres.

3. La zone de libre-échange

Afin de faciliter les échanges, les Etats vont ici réduire puis interdire les barrières tarifaires entre eux c’est-à-dire à l’intérieure de la zone. Les pays membres gardent cependant leur indépendance vis-à-vis des autres Etats. Ils sont libres de déterminer leurs propres tarifs douaniers avec les pays extérieurs à la zone de libre-échange.

4. L’union douanière

L’union douanière est une zone de libre-échange où les Etats fixent un tarif extérieur commun (TEC) appliqué au reste du monde. Les droits de douanes extérieurs à la zone sont donc les mêmes pour tous  les Etats membres.

5. Le marché commun

Le marché commun est une union douanière où les biens, les services, les personnes et les capitaux circulent librement.

6. L’union économique

L’union économique est un marché commun où les Etats membres décident de fixer des objectifs de politiques économiques communs notamment en matière budgétaire et monétaire.

7. L’Union monétaire

L’Union monétaire est une union économique où la politique monétaire est commune. Les Etats membres adoptent une monnaie unique et confie la politique monétaire à une banque centrale.

8. L’exemple de l’Union européenne

L’Union européenne constitue, à l’heure actuelle, l’exemple le plus abouti d’intégration économique régionale. Cette intégration progressive (1) a des conséquences non négligeables sur la place de l’Union dans le commerce international (2).

9. Une intégration progressive

L’Union européenne a mis en place des politiques communautaires communes dans de nombreux secteurs comme l’emploi, l’énergie, l’environnement, les transports, la recherche, l’éducation ou l’agriculture.

10. La place de l’Union européenne dans le commerce mondial.

L’Union européenne est aujourd’hui la première puissance commerciale mondiale (38 % des échanges de marchandises).  Ce rôle de premier ordre est en partie dû à la force de son intégration régionale puisque 70 % des échanges des Etats membres de l’Union européenne sont intra-zone. La politique agricole commune (PAC) a également contribué à faire de l’UE la deuxième puissance mondiale sur le plan agroalimentaire.

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